Coopération entre coopératives : les délégués se réunissent pour des événements parallèles au Panama

05 Oct 2026

Tout au long de la semaine de la conférence, les organisations structurelles de l'ACI ont tenu des événements parallèles régionaux, sectoriels et thématiques, réunissant à Panama des délégués venus du monde entier.

 

L'Association internationale des banques coopératives (ICBA) a tenu la réunion de son conseil d'administration, de son assemblée générale et a organisé des rencontres bilatérales ainsi qu’un séminaire consacré aux enjeux cruciaux auxquels sont confrontées les institutions financières coopératives. Ouvert par le Directeur général de l'ACI, Jeroen Douglas, et le Directeur régional de Coopératives des Amériques, Danilo Salerno, ce séminaire a été animé par le Dr Carlos Hellar (Banco Credicoop) ; il a offert aux quelque 40 membres et délégués présents une occasion précieuse d'échanger des points de vue, de mener des discussions constructives et d'explorer les opportunités et les défis émergents.

L'expert en coopératives, Robby Tulus, a abordé les questions de gouvernance et de contrôle démocratique tandis que Violetta Nafpaktiti, PDG de DotCooperation, a évoqué la transformation numérique et la technologie ainsi que leur rôle dans le renforcement du mouvement coopératif. Bhima Subrahmanyam, Président de l'ICMA, a examiné les défis liés à la définition et au développement d'une infrastructure financière spécifiquement coopérative et Veronica Molaris, responsable de la transformation numérique et de la planification stratégique chez Cooperativa Riobamba, a partagé l'expérience de son organisation en matière de stimulation de la croissance du secteur productif équatorien.

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L'Organisation internationale des coopératives agricoles (ICAO), l'organisation sectorielle de l'ACI pour l'agriculture, a tenu son assemblée générale réunissant une quarantaine de délégués issus de 14 organisations membres réparties dans 12 pays. Fondée en 1951, l'ICAO regroupe 45 organisations dans 35 pays.

Présidée par Kang Ho-dong, Président de l’ICAO et de la Fédération nationale des coopératives agricoles de Corée (NACF), cette session d'une heure a approuvé le rapport d'activité et les comptes pour 2025 ainsi que le plan de travail et le budget pour 2026 ; elle a reconduit M. Kang à la présidence pour un nouveau mandat de quatre ans sans opposition et a élu quatre Vice-présidents régionaux :Ivan Asiimwe (Uganda Cooperative Alliance), Márcio Lopes de Freitas (OCB, Brésil), Akihiro Fukuzono (JA-Zenchu, Japon) et Mieczysław Grodzki (NCC, Pologne).

M. Kang, qui continue de représenter l'ICAO au sein du conseil d’administration de l'ACI, s'est engagé à promouvoir la Déclaration de Séoul de l'ICAO — adoptée à l'unanimité en 2025 — et à diffuser le mouvement « Nongsim Cheonsim » de la NACF (signifiant « le cœur de l'agriculteur est la volonté du ciel ») parmi les organisations membres en vue de bâtir « une agriculture porteuse d'espoir pour tous et des communautés rurales où chacun est heureux ».

« La solidarité entre coopératives est plus urgente que jamais alors que l'agriculture mondiale est confrontée au changement climatique et à l'insécurité alimentaire » a-t-il déclaré. « Guidés par l'esprit de la Déclaration de Séoul, nous bâtirons un avenir durable pour l'agriculture et les communautés rurales, un avenir dans lequel les agriculteurs sont respectés. »

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Le Comité pour l’égalité des genres a organisé un événement ouvert à l’ensemble des membres de l’ACI sous le titre : « De quoi avons-nous besoin pour avancer ensemble ? ». L’atelier a réuni notamment la Présidente du Comité, Xiomara Núñez, les Vice-présidentes Ana Olveira et María Eugenia Pérez, les Présidentes des Comités genre des régions Asie-Pacifique et Amériques, respectivement Chitose Arai et Gisela Wild, de nombreux membres du Comité exécutif et du Comité pour l’égalité des genres ainsi qu’une trentaine de participants représentant un large éventail d’organisations.

Au cours de cet atelier interactif, les participants ont travaillé en groupes pour débattre de questions telles que : de quoi l’ACI a-t-elle besoin pour intégrer une perspective de genre ? Quels obstacles identifions-nous au sein des structures de l’ACI ? Que devrait promouvoir le Comité pour l’égalité des genres ? Quelle sagesse collective partageons-nous déjà au sein de notre réseau ?

L’objectif était de recueillir les idées, les expériences et les points de vue des participants sur les besoins et les défis auxquels l’ACI est confrontée pour intégrer une perspective de genre au sein de l’organisation et du mouvement coopératif. Les contributions recueillies aideront à identifier les priorités et à orienter les futurs travaux du Comité pour l’égalité des genres.

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Une réunion convoquée par le Groupe de réflexion international sur l’entrepreneuriat coopératif (ICETT) a examiné la manière dont ce Groupe peut renforcer les données et les éléments de preuve nécessaires pour soutenir le plaidoyer en faveur des coopératives et mieux positionner le mouvement dans les principaux processus d’élaboration des politiques publiques. La réunion a également étudié le rôle de l’ICETT en tant que plateforme plus stratégique, davantage fondée sur les preuves et orientée vers l’action, en mettant l’accent sur l’élaboration d’outils pratiques et de travaux de recherche permettant de démontrer la contribution et l’impact des coopératives.

L’un des principaux points à l’ordre du jour était le prochain Sommet des ODD de 2027 et le programme pour l’après‑2030, notamment les données probantes et les publications nécessaires pour garantir que la contribution des coopératives soit clairement prise en compte dans les discussions mondiales sur le développement. La réunion a également examiné différentes approches et différents cadres pour recueillir et mesurer l’impact des coopératives, tout en soulignant l’importance de relier données, recherche et récits afin de transformer les éléments de preuve en un plaidoyer efficace.

L’ICETT examinera donc quelles données doivent être collectées, comment elles peuvent être présentées et quels leviers d’influence politique peuvent être mobilisés pour renforcer la voix du mouvement coopératif dans la perspective du Sommet des ODD de 2027 et du programme plus large pour l’après‑2030. Cette orientation est conforme au programme de travail proposé pour 2027 qui identifie comme domaines prioritaires la production de données probantes et de recherches sur la contribution des coopératives au développement durable, ainsi que les possibilités de soutenir les discussions sur les politiques publiques et les actions de plaidoyer.

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Au cours de la semaine, une session intitulée « Dialogue coopératif mondial : défis régionaux et sectoriels, opportunités partagées » a été organisée par COCETA (Confédération espagnole des coopératives de travailleurs), KONFEKOOP (Confédération des coopératives du Pays basque, organisation régionale membre de COCETA) et CICOPA (Organisation internationale des coopératives industrielles et de services), fondée sur la conviction partagée que l’avenir du mouvement coopératif se construit par le dialogue, la collaboration et l’intercoopération.

L’événement a réuni des représentants d’organisations coopératives issus de différentes régions du monde afin de réfléchir aux défis communs auxquels est confronté le mouvement coopératif et aux opportunités qui émergent lorsque les organisations travaillent ensemble. Parmi les participants figuraient Luis Miguel Jurado, Président de COCETA ; Rosa Lavín, Présidente de KONFEKOOP ; Giuseppe Guerini, Président de Cooperatives Europe ; Osamu Nakano et Christian Horton, Vice-présidents de CICOPA pour les régions Asie-Pacifique et les Amériques respectivement ; ainsi que d’autres coopérateurs venus d’Espagne, de France, de Belgique, du Japon et d’Italie.

Les échanges ont mis en évidence l’importance de renforcer la coopération internationale entre les coopératives, de partager les expériences entre régions et secteurs et de promouvoir des solutions collaboratives pour répondre aux défis économiques, sociaux et environnementaux.

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Le programme de l’ACI sur le patrimoine culturel coopératif (CCH) a été lancé à Brasilia pendant l’Année internationale des coopératives des Nations Unies en 2025. Les membres de l’ACI et les organisations coopératives du monde entier ont alors été invités à proposer, en 2026, de nouveaux éléments du patrimoine culturel coopératif, tant matériels qu’immatériels. Lors d’une cérémonie organisée à Panama, Thiago Schmidt, Président du Groupe de travail de l’ACI sur le patrimoine culturel coopératif, a annoncé les inscriptions de 2026 comprenant 63 nouveaux sites et éléments provenant de 39 pays. Parmi les éléments immatériels reconnus figurait le patrimoine culturel associé au chapeau panaméen Pinta’o dont les savoir-faire, les techniques artisanales et les traditions sont préservés et transmis par les communautés locales, notamment grâce à l’organisation coopérative.

Les participants ont également été informés du développement d’itinéraires du patrimoine coopératif qui relient des lieux, des institutions, des personnes et des pratiques qui, bien que géographiquement éloignés, s’inscrivent dans une histoire ou une tradition commune de coopération. La cérémonie organisée à Panama a par ailleurs mis en lumière une idée centrale du programme : le patrimoine coopératif ne se limite pas seulement aux bâtiments, aux archives ou aux institutions : il appartient aussi aux personnes et aux communautés qui maintiennent vivante la coopération en tant que pratique culturelle. Un webinaire spécial sera organisé en octobre à l’occasion de la Journée internationale du patrimoine culturel immatériel. Des projets ont également été annoncés en vue d’un séminaire international qui se tiendra au Kerala, en Inde, en octobre 2027, conçu comme une contribution de l’ACI au lancement de la Décennie des Nations Unies pour la culture au service du développement durable.

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Co-operative Housing International (CHI) a tenu une réunion de son conseil d’administration au cours de la semaine, parallèlement à une assemblée générale qui a officiellement pris acte du transfert de CHI, qui était depuis sa création un comité non constitué en personne morale de l’ACI, vers CHI Limited, une organisation constituée en personne morale.

Cette évolution lui confère le même statut juridique et les mêmes bases institutionnelles que les organisations sectorielles de l’ACI, telles que l’ICMIF et CICOPA, ainsi que les organisations régionales comme Cooperatives Europe.

Blase Lambert, trésorier du CHI, a déclaré : « Je considère que cela pourrait représenter à terme une orientation pour l’ensemble des secteurs et des régions de l’ACI car cette évolution améliore la gouvernance et la transparence. Elle leur permet également de passer à un modèle dans lequel ils peuvent gérer leurs propres sources d’activité financière et leurs propres projets d’une manière que la structure de comité non constitué en personne morale ne permet pas. » Une séance plénière du CHI consacrée au logement a ensuite accueilli le ministre panaméen du Logement ainsi que deux hauts fonctionnaires du ministère. Les délégués ont également découvert des expériences du secteur menées au Royaume‑Uni, au Chili et en Malaisie tandis que des intervenants présents dans la salle ont partagé des témoignages venus d’Argentine et d’Uruguay. À l’heure actuelle, il n’existe pas de coopératives d’habitation au Panama mais CHI espère que les échanges constructifs engagés avec les autorités ministérielles offriront une occasion de lancer le secteur. « Ici, la tendance est que le gouvernement accorde aux coopératives des capacités de financement leur permettant de construire des logements qu’elles revendent ensuite à des particuliers » a expliqué Lambert. « En Amérique latine, le modèle est beaucoup plus axé sur l’accession à la propriété. »

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CICOPA (Organisation internationale des coopératives industrielles et de services) et CICOPA Amériques ont organisé un événement intitulé « Construire ensemble l’économie du soin : des solutions coopératives pour un travail décent et l’inclusion. Focus sur les Amériques » réunissant des représentants des Amériques et d’autres régions du monde. La session a examiné les défis, les opportunités et les pratiques prometteuses des coopératives de soins en mettant en lumière leur contribution à la qualité des services de soins, au travail décent, à l’égalité des genres ainsi qu’à l’inclusion sociale.

Diana Dovgan, Secrétaire générale de CICOPA, a ouvert la session par une présentation de l’essor du rôle des coopératives dans la réponse aux besoins croissants en matière de soins et d’accompagnement tout en créant des emplois décents. Les délégués ont découvert des expériences menées en Argentine, aux États-Unis et au Canada ainsi que des contributions venues du Japon et du Maroc auxquelles se sont ajoutés les points de vue de représentants régionaux de l’ACI Afrique et de l’ACI Asie-Pacifique. Les échanges ont confirmé que, malgré la diversité des contextes nationaux, les coopératives de soins contribuent partout à relever des défis similaires : améliorer l’accès aux services de soins, créer des emplois décents, favoriser l’autonomisation économique des femmes et construire des communautés plus inclusives.

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L'événement parallèle de la Plateforme de développement de l'Alliance coopérative internationale (ICADP) a rassemblé 25 représentants d'organisations de développement coopératif (ODC) issues de toutes les régions de l'ACI afin de discuter de l'évolution du contexte, d'explorer de futures collaborations et de renforcer les liens entre les plateformes régionales, les agences nationales et d'autres acteurs du développement.

Les participants ont entendu les représentants des quatre plateformes régionales et mondiale de développement coopératif à savoir la CEDP (Europe), la CADP (Amériques), l’AFCDP (Afrique), l’APCDP (Asie-Pacifique) et l’ICADP (mondiale). Chaque coordinateur a présenté les principales réalisations passées, les activités en cours et les ambitions futures de sa plateforme. Les échanges qui ont suivi ont porté sur les moyens par lesquels les organisations de développement coopératif et les plateformes de développement peuvent se renforcer mutuellement, notamment pour accéder aux financements et aux ressources financières, ainsi que sur l’identification d’opportunités concrètes de projets communs. La base de données MiCDP continuera de servir de centre de ressources et de partage des connaissances tandis qu’un échange sur les stratégies des bailleurs de fonds sera également lancé afin de favoriser une meilleure coordination et un apprentissage mutuel entre les organisations.

La réunion a également été l'occasion d'élire les membres du comité exécutif et la présidence de l'ICADP pour le mandat 2026-2030. Noel D. Raboy (CLIMBS), François Dionne (SOCODEVI), Sarah Alldred (FICD) et Francesca Ottolenghi (Legacoop) ont été confirmés en tant que membres, Francesca Ottolenghi entamant par ailleurs un second mandat à la présidence du comité.

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Les participants à la conférence ont eu l’occasion d’explorer le concept d’« intelligence artificielle coopérative : construire ensemble l’avenir » lors d’une session organisée par l’ACI, Legacoop et la Fondation Pico (le pôle d’innovation numérique de Legacoop). À cette occasion, les organisateurs ont lancé le programme « Cooperative AI » avec l’ambition de faire du mouvement coopératif un acteur de premier plan capable d’influencer le développement et la gouvernance de l’intelligence artificielle conformément à l’Identité coopérative.

Une enquête menée plus tôt cette année auprès des membres de l’ACI a révélé une adoption inégale de l’intelligence artificielle : sur les 45 répondants, 31 utilisent déjà des outils d’IA mais seuls trois disposent d’une stratégie formalisée en la matière. L’enquête a également mis en évidence un vif intérêt pour les questions éthiques, les communautés de pratique et les projets pilotes.

Les intervenants ont soutenu que l’Identité coopérative devait constituer un cadre de conception pour l’intelligence artificielle plutôt que d'être envisagée a posteriori. Ils ont présenté un programme articulé autour de trois piliers : une compréhension commune, un socle commun et des bénéfices communs, en s’inspirant librement des piliers proposés par l’organe consultatif des Nations Unies sur l’intelligence artificielle.

Des sondages en direct ont invité les participants à décrire l'IA coopérative en un mot (les réponses les plus fréquentes étant : idéaliste, démocratique, protection des données, porteuse d'espoir) et à choisir le principe de coopération qui devrait guider l'IA (le contrôle démocratique par les membres primant sur la préoccupation pour la communauté). S'en est suivie une discussion sur les raisons pour lesquelles le contrôle et la propriété des données sont au cœur des préoccupations. La session s'est conclue par une insistance des organisateurs sur le fait qu'il s'agit d'un point de départ pour une communauté de pratique mondiale en constante évolution, et non d'un cadre définitif. Les participants ont été invités à se renseigner sur le bootcamp sur l'IA coopérative qui se tiendra en Italie en octobre.